Benoît Roudaut est le responsable de l’espace Infomédi@ de la médiathèque Jacques Ellul de Pessac (anciennement médiathèque Camponac). Sébastien Hurrier le second[ait] au quotidien dans toutes les activités de l’espace Infomédi@. [C’est aujourd’hui Mehdi Fehrat]
http://mediatheque.mairie-pessac.fr/pageEdito.asp?IDPAGE=12


Espace Infomédi@

Texte original écrit pour le minizine papier N°0 de descultureslibres.info


Ce lieu dédié à l’informatique à la médiathèque de Pessac a été mis en place par Karine Potier, bibliothécaire de formation. Je suis arrivé il y a cinq ans pour la remplacer et poursuivre ce travail de fond sur les logiciels libres et la culture libre qu’elle a enclenché il y a bientôt dix ans.


L’espace Infomédi@ développe ses activités selon trois vecteurs : d’abord, des ateliers quotidiens d’initiation à l’informatique et au multimédia sont organisés afin que le public se familiarise à ces outils. Les logiciels libres sont ici présentés et utilisés pour que les participants découvrent ces alternatives mais aussi puissent les réutiliser ultérieurement chez eux par exemple.


Des rencontres mensuelles sont également organisées depuis bientôt six ans à l’initiative de Corinne Komorowski qui était alors administratrice informatique de la médiathèque. Les matinées « A Libre Ouvert » sont des rendez-vous thématiques autour des logiciels libres qui se déroulent le deuxième samedi de chaque mois. Ces rencontres, généralement organisées en deux temps, se composent d’une conférence-présentation dans l’auditorium de la médiathèque suivie d’ateliers de découverte par la manipulation du/des logiciels présentés ; l’idée de départ étant de créer un rendez-vous régulier et convivial qui permette à tous d’échanger et de débattre avec des spécialistes de l’informatique libre.


La mise en œuvre de ce projet a amené comme tout projet son lot de points positifs mais aussi quelques difficultés. Concernant les points positifs et l’utilité de développer le libre, on peut évoquer les aspects suivants : aspect social et économique (lutte contre la fracture numérique, gain sur le coût des licences logicielles), répondre et s’adapter à des besoins spécifiques du public pas toujours satisfaits par les logiciels propriétaires, aspect philosophique et éthique (convivialité, chacun peut aider son prochain et la communauté de manière bénévole), pouvoir dupliquer et distribuer les logiciels librement pour tous (ce qui permet aussi de lutter contre la copie illégale puisqu’ici la copie est autorisée et même encouragée par les licences), œuvrer pour la libre diffusion des savoirs et des connaissances, œuvrer pour l’interopérabilité des formats de fichiers (exemple d’OpenOffice.org en passe de devenir un standard européen et international).


Au niveau des contraintes, on peut citer la difficulté à trouver des thématiques, des sujets, où un large public puisse y trouver son compte, aussi bien le parfait néophyte que l’utilisateur aguerri ; sur les aspects techniques (installations des logiciels, tests des versions, mise en place du matériel et infrastructures pour les install parties), le caractère souvent non professionnel du libre peut poser quelques problèmes parfois : support, infrastructures etc.


Concernant l’utilité de ces rencontres et leur légitimité, on peut déjà dire qu’elles permettent de démystifier un peu l’informatique et notamment son aspect froid et technique, l’intérêt principal étant de faire découvrir les avantages de l’informatique libre au plus grand nombre dans une démarche de service public. C’est aussi un moyen de passer de la théorie à la pratique avec la formule : conférence/présentation puis utilisation pratique directe en ateliers à l’espace Infomedi@.


Enfin cela sert à développer et permettre des rencontres, de l’entraide et des partenariats entre utilisateurs, développeurs et structures associatives ou collectivités.


Des conférences avec des personnalités telles qu’André Pascal cofondateur de LinuxGraphic.org, François Élie, co-fondateur et président de l’ADULLACT (Association Des Développeurs et Utilisateurs de Logiciels Libres pour les Administrations et les Collectivités Territoriales), Jean Peyratout et Éric Seigne à l’origine des projets AbulÉdu et des associations Scideralle et Lprod et de nombreuses autres personnalités de la communauté du libre permettent ainsi un contact direct avec ces personnes et leur travail.


Du point de vue fréquentation, on peut dire que cela est aléatoire, cela dépend des thématiques. Généralement les journées install party rencontrent un gros succès, de même que les conférences sur la vidéo ou la musique avec des outils libres. On constate aussi depuis quelques années une diversification des publics, signe de l’intérêt grandissant pour le monde du libre. Enfin, dernier axe de médiation à disposition de la médiathèque : la création artistique multimédia qui, grâce à des artistes qui utilisent ces logiciels dans l’élaboration de leurs œuvres, nous permettent d’organiser des rencontres accompagnées de performances live. DCL


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